Saint Pierre de Champ Saint Père

Un problème se posait depuis long­temps… l’exiguïté de la vieille église.

Eglise ancienne ribouts

L’église ancienne, vue des Ribouts

Jusque vers l’an 1600, elle mesurait environ 16 mètres. Déjà une popu­lation de 800 habitants avait exigé un prolongement de la nef unique , de 16 mètres, en laissant le clocher au centre. Mais le pays jouissait d’une démogra­phie galopante : 1200 âmes en l’an 1800, 2000 en 1880.

Un porche, dit «Ballet», précédait la grande porte ; en 1865, on en fait un vestibule : gain 2 mètres ! En même temps , on allonge une tribune préexis­tante… Autre tentative de solution : la demande d’un vicaire. Il arrive en 1865. A l’époque, les curés ne «binaient» pas. Le Vicaire va donc assurer une première messe, qui dégorgera la grand-messe !

 

 

Première Etape

A chaque visite pastorale, les évêques insistaient pour la construction d’une nouvelle et vaste Eglise : Mgr Lecocq, le 22 avril 1878; Mgr Catteau, le 28 avril 1890 :

ancienne église

La façade de l’ancienne église, donnant sur la rue de l’Hôtel de ville

« L’église nous a paru bien insuffisante pour la population de la paroisse; mais il est difficile de penser pour le moment soit à un agrandissement, soit à une recons­truction. Cependant, nous engageons Mr Le Curé à étudier sérieusement la question et à examiner ce qu ‘il serait possible défaire dans un avenir plus ou moins éloigné»,) . Mgr Mercier, Vicaire général, conseille aux fabriqueurs, en 1898, de rogner les dépenses pour se constituer une réserve. : (« Nous avons engagé M.M. les Conseillers (de la fa­brique) à restreindre le plus possible les dépenses ordinaires afin d’être à même de gager un emprunt plus considérable pour la reconstruction de l’Eglise.»).

Enfin, en 1898, le Curé Rivallin, après maintes démarches, a fini par obtenir «le feu vert» de son conseil de Fabrique. Et on met noir sur blanc le DEVIS  soit 110 000 francs de l’époque . (souscription : 60 000 F., Crédit Foncier : 20 000 F., Commune : 10 000F., Secours « espéré » du ministre des cultes : 10 000 F., Fabrique : 5 000 F. …)

Selon un fait fréquent, les dépenses dépasseront le devis : soit 117 000 F.; et les dons escomptés subiront un dé­ficit de 8 000 F… et le Ministre des Cul­tes renâclera devant un nouvel emprunt.

Pourtant on se lance dès le mois d’août 1900. On a retenu l’architecte : Mr Léon Ballereau; l’entrepreneur : M Rabaut. Le terrain, acheté à Mrs Dessassis et Raynon , a été payé 1040 F. par la Mairie.

Le Curé Rivallin, le curé bâtisseur.

Le Curé Rivallin, le curé bâtisseur.

L’entrepreneur a besoin de la vieille église pour loger son matériel. Et, dès ce mois d’août 1900, on construit, au prix de 5 000 F., une église «provisoire» en bois, dans le deuxième jardin de la Cure, le parking actuel, face à la Place de l’Eglise, ancien cimetière… A son su­jet, aucun écrit ni photographie n’ont été retrouvés…, s’ils ont existé !

On ne sait pas non plus les dates exactes de son utilisation : proba­blement d’août 1900 à août 1902….Ap­proximativement, voici le nombre des cérémonies en cette église provisoire : 80 baptêmes, 30 mariages, 60 sépultu­res.

L’antique église sera détruite vers juillet 1902. Il est regrettable qu’on n’ait pas essayé de sauvegarder la partie la plus ancienne : choeur et clocher.

Dès le 18 novembre 1901, la dépense s’élève à 60 000 F.(architecte, ouvriers et matériaux). C’est dire l’ ac­tivité bourdonnante du chantier. Dans l’église en bois, sont installés dès novembre 1900, un chemin de Croix, les 3 cloches, une horloge payée par la commune.

Souscriptions

Un livre rouge (déposé aux archives) a conservé le nom des souscripteurs, avec les sommes versées. On y lit les gros fleuves : dons des notabilités mais aussi les petits ruis­seaux qui font les grandes rivières…. Un relevé total énumère environ 400 dons et 350 donateurs. En septembre, anonymes ou nommés, un ceertain nombre de souscripteurs ont collaboré aux règlements des chaises, de la ainte table (aujourd’hui disparue), aux confessionnaux, à la chaire…

Les vitraux, surtout, sont rarement anonymes. Les huit vitres claires de la nef inscrivent leurs bienfaiteurs sous des médaillons : St François de Sales, Ste Céline, Ste Victoire, St François-Xavier, St Pierre, Ste Monique, St Jean-Baptiste. Prix de chacun : 300 F.

Dans le fond du chœur  la verrière en couleurs, rare relique de l’ancienne église (date probable : 1837) a entraîné la dimension de toutes les autres , peintes ou non. ssssson sujet : la profession de foi de St Pierre, a suscité les deux qui l’accompagnent. A droite, la pêche miraculeuse (Mr Gautreau, ancien notaire à Champ saint Père , 2 432 F.)A sa gauche, St Pierre libéré de sa prison par l’ange, même prix. Les donateurs ont signé par leurs armoiries. Marquis de la Falaise : de gueules aux 3 annelets d’or. Mr de Saint-estève : d’azur aux 3 chevrons d’or, accompagnés de 3 couronne du Même. Prix identique

Au transept, côté Evangile, comme on disait  s’épanouit la Verrière de la Sainte Vierge. Le bienfaiteur, non indiqué, est vraisemblablement le Curé Rivalin dont on sait qu’il puisa largement au fond de sa bourse, sans se nommer jamais. Côté Epitre, la verrière de Saint Jo­seph désigne les Seigneurs de la Gaudinière : Marquis de Surineau ‘d’or à trois couleurs de gueules, deux et un’ avec la devise ‘Dieu, le Roi, la Dame’. Et le Marquis de Ferré de Perroux ‘de gueules aux trois fleurs de lys à la bande du même brochant sur l’une’ avec la de­vise ‘Fidèle sous la garde de Dieu’ Prix de chaque verrière : 3600 F.

Res­tent les deux petits vitraux peints au fond de l’Eglise. A gauche de l’entrée, les armes du pape Léon XIII : donateur inconnu. A droite de l’entrée, celles de Mgr CATTEAU, avec un petit écusson mystérieux. De longues recherches ont fini par identifier un général EDOUARD DEMIMUID,  On a retrouvé en Charente un descendant de ce général. Il a été ravi d’apprendre que ses armes figurent sur un vitrail de l’église de Champ Saint Père, mais n’a pu en expliquer la pré­sence. Ce donateur, certes, avait déboursé 7 500F., y compris, explicitement les 300 F. pour ses armoiries. Divers indices inclinent à penser qu’il était l’ami de M. de la Falaise, visité à Montorgueil….

La Consécration

On ne sait pourquoi la bénédiction dite de la «Première pierre» n’eut lieu que le F avril 1901.

La façade de l'Eglise actuelle

La façade de l’Eglise actuelle

La Consécration sera le Mercredi 24 septembre 1902, en la fête de Notre Dame de la Merci, (qui n’existe plus). Elle fut effectuée par Mgr Cat-teau, Evêque de Lucon depuis 25 ans , intense consécrateur d’églises : 55 en tout.

Jetons d’abord un regard sur l’ensem­ble de l’édifice. L’Evêque vante ses proportions. Voici un extrait des Archives pa­roissiales : ‘Et maintenant, elle s’élève à la joie du pasteur et des fidèles, la nouvelle Eglise toute belle, toute fraî­che, toute éclatante dans la blancheur de sa récente construction. Dans sa nef suffisamment spacieuse, et ses bas-côtés, dans son large transept, dans son choeur qui sera très com­mode pour les cérémonies, les fidèles trouveront aisément leur place’

Quand au Père Rivalin, curé de la paroisse, il parle plus simplement de son église néo-gothique :’ que sa fa­çade attire, que sa chaire persuade, que ses nefs élèvent bien haut les pensées et les coeurs, que son tribunal pardonne, que son autel et son tabernacle fassent adorer, que sa sainte table fasse s’agenouiller et s’incliner vers Celui qui est la plus enivrante des réalités.’.

Eglise spacieuse. Voici ses dimensions. Longueur : 47 m.; largeur : 17 m. à la nef, 20 m. au transept; superficie : 800 m2; 1000 m2 avec les marches. Eglise élancée : le Curé RIVALIN appelait le centre bourg un «amphithéâtre», entouré de ses collines Champ de la Croix, le Rocher, les Aurays, le Pigré, le Couvent, la Gare….
Pour que l’église n’imite pas la cathédrale de Luçon placée en contrebas, mais hautement fléchée, l’Architecte Ballereau, par un apport de pierre et de déchets, suréleva de 2 mètres la base(le jardin Des-sassis). Sur ce soubassement, il dressa des voûtes de 13 m. et un clocher de 28 m. Toutes révérences gardées, il ne prévoyait pas la gêne des marches pour les jambes des 80 ans; ni un tassement des fondations qui allait dessiner une fente en zigzag dans un bas-côté, et des lézardes aux voûtes… 11 faudra sans doute y porter remède prudent… Pour 1902, tout était parfait.

 


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