LITURGIE : »La ritualité catholique doit retrouver l’émotion »

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LITURGIE : »La ritualité catholique doit retrouver l’émotion »

 Ils sont de plus en plus nombreux à tourner le dos au mariage religieux – quand ce n’est pas au mariage tout court, et à se tourner vers des cérémonies plus personnalisées. Dans un contexte sécularisé,le succès des rituels « auto-produits » ne se dément pas. « Il fut un temps où notre société vivait au rythme des rites catholiques : le baptême, le mariage, les obsèques… En vingt-cinq ans, les baptêmes ont chuté de 50 %, les mariages des deux tiers »,décrit ainsi Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix-en-Provence et Arles, à la tête du groupe de travail sur les « nouvelles ritualités civiles » au sein de la Conférence des évêques de France

Tant qu’il y a de l’humain, il y a du rituel », assure Olivier Servais. La disparition des grands rites transversaux, même laïques, d’autrefois – comme le service militaire en France– n’existe plus, engendre des mutations et prend d’autres formes, avec le succès d’évènement comme la Fête de la musique ou les marches blanches pour marquer certains événements.

Face à ce nouveau panorama,les évêques se trouvent parfois désemparés et s’interrogent sur la façon d’investir ces nouveaux lieux de ritualité.

L’accompagnement nécessaire de nouvelles demandes

Pour Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles, et responsable du groupe de réflexion des évêques français sur le sujet, le défi est de transformer la « foi élémentaire, universelle, mais souvent très horizontale » en une « foi baptismale », tournée vers la « transcendance ».

Que répondre à telle famille qui souhaite introduire des chants profanes à la célébration d’obsèques d’un défunt ? Ou à ce couple qui voudrait introduire un petit texte personnalisé pour le baptême de leur enfant ? Carl’individualisation du rituel touche aussi l’Église. « Les personnes veulent que l’on se place dans le registre du cœur, de l’intime, et nous devons être à l’écoute de ce besoin,ne pas fermer la porte, mais l’objectif premier doit rester la rencontre avec le Christ Sauveur… », indique-t-il.

Pour permettre aux émotions d’avoir une fécondité, l’archevêque d’Aix et Arles rappelle que l’Église catholique, pour ses liturgies, s’est toujours appuyée sur la « beauté » et y voit un chemin à redécouvrir, tout en menant une réflexion approfondie sur la possible « inculturation » des nouvelles ritualités, c’est-à-dire la façon d’adapter l’annonce de l’Évangile à cette nouvelle culture.

 « L’efficacité d’un rite est aujourd’hui souvent évaluée à l’aune de l’émotion ressentie, décrit Mgr Dufour. Mais notre question reste : est-ce qu’il fait grandir la foi ? »

Interview de Mgr Dufour par Marie-Ange de Montesquieu

Suivant un article de Marie Malzac  ; Olivier Servais est historien et anthropologue.


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