Pastorale des sépultures : des précisions

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Pastorale des sépultures : des précisions

Plusieurs fois déjà j’ai été interpellé sur la pastorale des sépultures, aussi je souhaite apporter quelques éléments de réponse à plusieurs interrogations.

La vie du prêtre n’est plus la même qu’il y a quelques décennies. Malgré tout nous vivons encore inconsciemment sur des schémas séculaires de la vie d’une paroisse. Les prêtres ne peuvent plus assurer toute la vie liturgique d’une paroisse et c’est heureux. Car la mission n’est pas confiée au prêtre mais à toute une communauté de baptisés, dont le prêtre fait partie.

Il n'est pas essentiel que les sépultures soient célébrées par un prêtre, les sépultures ne sont pas des sacrements, puisqu’un sacrement est destiné uniquement aux vivants. Les sépultures sont des temps de prière pour celui ou celle qui nous a quittés, mais c'est aussi une prière pour ceux qui restent et qui ont besoin de la force de Dieu pour surmonter le chagrin ou le désarroi.

Il n'y a pas de choix ou de tri lorsque nous recevons une demande de sépulture. Le seul critère de choix c'est la disponibilité des uns et des autres. Si une famille désire vraiment que ce soit un prêtre qui préside la sépulture, elle doit accepter de reporter ou d'avancer celle-ci de quelques heures et parfois de plusieurs jours.

C’est une question qui est rarement formulée, mais souvent présente à nos esprits. L’Église ne juge pas ceux qui demandent un sacrement où une célébration. Dieu ne calcule pas si nous méritons le Salut ou pas de manière humaine. Le Salut est offert à tous gratuitement, notre réponse à cette sollicitude de Dieu est libre et se fait durant notre vie et quand nous nous trouvons face à Dieu. Imaginer que certains méritent un prêtre plus que d'autres, c’est se mettre à la place de Dieu, qui seul est digne de nous juger. En cette année de la miséricorde nous sommes invités à convertir nos comportements. Jamais comme prêtre je ne refuserai de célébrer une sépulture, car je ne suis pas Dieu, seulement son instrument.

La « valeur » de la prière de l’assemblée est la même, avec ou sans eucharistie. Même si c’est un souhait du défunt, lui ou elle n’a plus besoin du sacrement de l’eucharistie. Aussi on détermine s’il y a eucharistie ou non selon le souhait des vivants et non des morts. Dans une famille qui ne fréquente pas ce sacrement, même si le défunt est un pratiquant régulier, il n’est pas opportun de célébrer une messe, surtout lorsqu’une faible assistance communie.

Oui et non. Il arrive que les dernières volontés heurtent ou soient difficiles à accomplir pour les proches. Les défunts n’ont plus les mêmes préoccupations que les vivants, aussi nous ne pouvons nous sentir tenus par leurs dernières volontés au point de trahir ce que nous sommes ou de nous blesser. L’exemple le plus frappant est celui de la crémation, celle-ci peut-être vécue violemment par les proches, surtout dans le cas d’une dispersion des cendres. Là encore, ce sont ceux qui demeurent sur terre qui importent. Parfois il vaut mieux opter pour une inhumation plutôt qu’une crémation qui ajoute à la douleur de perdre un proche.

Edito du Père Olivier dans le bulletin paroissial de Mai 2016


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