Réponse du Père Olivier à l’appel du Pape François (réfugiés)

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Réponse du Père Olivier à l’appel du Pape François (réfugiés)

Moutiers-les-Mauxfaits, le lundi 07 septembre 2015

Chers frères et sœurs, chers amis,

Suite à l’appel du Pape François, je souhaite que nous nous engagions dans l’accueil des personnes immigrées qui fuient leur pays pour sauver leur vie et celle de leur famille.

J’engage par là-même mon autorité de curé et pasteur de la paroisse sans avoir le temps de consulter les différents conseils comme je le fais habituellement. Je m’engage au nom de la paroisse, au nom du successeur de Pierre mais surtout au nom de l’Evangile, pour répondre à l’appel de ma conscience.

Cet appel du Pape François est adressé aux paroisses mais à travers elles à tous les chrétiens. Souvenons- nous de son appel à Lampedusa, et devant le conseil de l’Europe. Devant la timidité des réactions du « monde », l’Eglise doit plus que jamais devenir signe de l’amour de Dieu pour tout homme : «N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Tout ce qu’il y a dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde » (1 Jn 2, 15-16). Nous sommes appelés à vivre concrètement ce que nous professons dans notre foi : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » (1Jn 3, 18). C’est l’occasion pour nous de sortir de nos égoïsmes conscients ou inconscients et de devenir, à la suite de Jésus de Nazareth, acteurs de notre histoire au nom de la charité de Dieu.

Cependant nous devons être responsables devant cet appel, et nous devons, au- delà de l’émotion, garder un regard serein et pragmatique. Accueillir des familles implique que la communauté chrétienne s’engage à fournir un hébergement, de la nourriture, des vêtements. Au-delà de ces besoins premiers, nous devons penser à offrir à ces personnes les moyens d’apprendre le français, de scolariser des enfants et de les aider administrativement.

Certains le savent déjà, j’ai, lors de mon parcours de séminariste, été engagé dans l’apprentissage du français à des demandeurs d’asile. Je suis conscient des efforts que nous aurons tous à fournir : efforts en temps et financiers.

J’entends ça et là des personnes demander avec insistance : combien ça va  coûter ? Si nous nous posons cette question, c’est que nous monnayons déjà la vie humaine. Or la dignité de l’être humain dans la foi chrétienne n’a pas de prix. Appartenir au Christ c’est s’engager pour la justice : « Voici comment se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, et pas davantage celui qui n’aime pas son frère » (1Jn 3, 10). Aussi , malgré les préoccupations  qui demeurent sur notre paroisse pour équilibrer nos comptes, je suis prêt à engager les efforts financiers nécessaires pour permettre à des personnes de vivre : parce que c’est notre vocation de faire passer la vie avant tout .

Olivier Bléneau,   Curé de la paroisse

Ce texte en PDF : Réponse à l’appel du Pape


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