Author Archives: Jean-Claude

  • -

Antisémitisme, antisionisme…

Des événements récents : insultes contre M.Finkielkraut à Paris, la profanation d’un cimetière juif en Alsace, les réactions politiques au plus haut niveau nous amènent à proposer des précisions sur les termes utilisés

Pour résumer à grands traits, l’antisémitisme est, selon les mots du journaliste et historien Dominique Vidal, « la haine des juifs, qui s’exprime sous des formes très diverses ». Une forme de racisme donc, envers une religion et non une ethnie.

L’antisionisme, en revanche, est, toujours selon Dominique Vidal,« la critique d’une pensée politique, celle de Theodor Herzl », inventeur du concept à la fin du XIXe siècle, qui vise à établir un Etat juif en Palestine. Il peut s’agir alors de critiquer la politique menée par l’Etat d’Israël et son expansion territoriale, ou bien de considérer l’existence même du pays ou ses frontières comme critiquables ou illégitimes.

Racisme d’un côté, opposition doctrinale de l’autre, donc. Mais les deux termes tendent de plus en plus à se lier. En juillet 2017, Emmanuel Macron lançait ainsi : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », lors de la commémoration de la rafle du Vélodrome d’hiver, en présence du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Cimetière juif

L’antisémitisme, apparenté au racisme, est puni par la loi. Mais l’antisionisme, en tant que critique d’un projet politique, ne l’est pas. D’où un usage de plus en plus répandu du terme « antisionisme » pour parler en réalité d’antisémitisme, voire de « sioniste » pour « juif ».

Étrange amalgame : d’un côté l’antisémitisme, délit sanctionné par la loi comme tous les racismes ; de l’autre l’antisionisme, une opinion que chacun est libre d’approuver ou de contester. Estimer que Theodor Herzl (1860-1904) s’est trompé en jugeant les juifs inassimilables et en les appelant à se rassembler dans un même Etat, est-ce criminel ?


  • -

Cérémonie des Pics d’or

La Fondation ABBÉ-PIERRE récompense de façon satirique les pires dispositifs anti-SDF

La Fondation Abbé Pierre organisait mercredi 13 février une soirée pour « récompenser » satiriquement les dispositifs prévus pour éloigner les SDF du centre des villes

Cette remise de prix était destinée à sensibiliser l’opinion publique à l’hostilité urbaine à l’égard des personnes sans domicile et à rappeler que la collectivité toute entière a le devoir de respecter la dignité des personnes en errance. Lors de cette soirée où le public était venu en masse, la Fondation Abbé Pierre interpellait  aussi bien l’État que les collectivités locales – et en premier lieu les mairies – que les riverains, les entreprises de transport, les commerçants, les banques, les urbanistes et les architectes.


Les conséquences pour les personnes sans abri sont brutales et conduisent à les « invisibiliser » au lieu de faciliter leur accès aux droits. 

En effet, on ne peut que constater que la créativité est grande dans cette inhumanité. Beaucoup de procédés sont devenus un design à la mode, montrant que le critère « anti-SDF » est souvent parfaitement intégré par les concepteurs de la ville qui répondent à une demande qui n’a plus besoin d’être formulée et qui s’exprime autrement : le confort du siège individuel ; la propreté des squares et jardins publics ; la tranquillité de l’espace public et des immeubles.

La Fondation Abbé Pierre ne lâche rien et poursuit son recensement du mobilier anti-SDF, auquel elle ajoute les arrêtés anti-mendicité


  • -

Antisémitisme: la CEF appelle à un «sursaut de fraternité»

Dans une déclaration publiée ce lundi, la Conférence des évêques de France fait part de son inquiétude à propos de l’antisémitisme et des actes de profanation d’églises. Elle condamne «toute violence» et appelle à la fraternité.

En une semaine, cinq lieux de culte catholiques ont été la cible d’actes de vandalisme et de profanation dans l’Hexagone. Selon les chiffres 2017 du ministère de l’Intérieur, l’Église catholique et les Églises chrétiennes détiennent le record d’atteintes aux lieux de culte: 878 sur les 978 actes recensés, soit une moyenne de deux par jour. Parallèlement, 541 actes antisémites ont été recensés en 2018 sur le territoire français, contre 311 l’année précédente.

Les deux phénomènes prennent de l’ampleur et inquiètent la Conférence des évêques de France, qui a publié lundi 18 février la déclaration suivante:


Antisémitisme: tous appelés à un sursaut de fraternité

La Conférence des évêques de France s’associe à l’élan national contre l’antisémitisme. Elle adresse un soutien sans faille à la communauté juive de France constituée de ses «frères aînés dans la foi» (Saint Jean-Paul II). «Nous sommes appelés à œuvrer ensemble pour s’assurer que l’antisémitisme soit banni de la communauté humaine» (Pape François 2018). De même, la Conférence des évêques de France s’inquiète des nombreux actes de vandalisme et de profanation qu’elle constate à l’encontre des églises en France et condamne plus généralement toute attaque et toute violence proférées contre des lieux de cultes ou des croyants en raison de leur religion. Ces signes de haine proférés au cœur de notre société appellent chacun de nos concitoyens à un sursaut de fraternité.

Mgr Thibault Verny, évêque auxiliaire de Paris et Mgr Olivier Ribadeau Dumas, Secrétaire général de la Conférence des évêques de France se joindront, pour le compte de la CEF, à la manifestation organisée à Paris mardi 19 février.


  • -

“SODOMA” : le livre dont on parle

Un livre de Frédéric MARTEL (docteur en sciences sociales,  journaliste français, engagé politiquement à gauche,..) Le livre est le résultat de 4 ans et 1500 entretiens.. Et selon l’auteur , les prêtres et évêques homosexuels seraient loin d’être minoritaires.

Une enquête réalisée par le journaliste, ouvertement gay, et qui ne risquait pas son emploi en écrivant sur un tel sujet encore tabou pour les journalistes spécialisés. “Si un vaticaniste avait publié un tel livre, il aurait perdu son job, raconte Frédéric Martel dans les colonnes du Point. Pour un journaliste italien, c’est aussi très compliqué. Et si vous êtes hétérosexuel, vous n’avez pas les codes, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Quant aux journalistes gays, ils connaissent rarement le Vatican, ou le détestent.

Une affirmation de l’auteur :

80% d’homosexuels” au Vatican ?

À en croire le journaliste, les prêtres et évêques homosexuels ne formeraient pas une petite caste secrète et influente mais bien le gros de la hiérarchie vaticane. “Le Vatican, c’est Fifty Shades of Gay, lâche l’auteur qui a toujours eu le sens de la formule choc. Il y a plusieurs catégories. Les homophiles, c’est-à-dire des homosexuels qui ne pratiquent pas, restent fidèles à leur vœu de chasteté mais sont façonnés par leur sensibilité. D’autres vivent mal leurs penchants et se flagellent, s’imposent des punitions – j’en fréquente un régulièrement qui essaie de se ‘guérir’, et c’est l’un des principaux collaborateurs du pape”. 

Benoit XVI et François

Parmi ces hommes homosexuels non-pratiquants, Frédéric Martel identifie le prédécesseur de François : Benoît XVI. “Il existe probablement des mystiques authentiques [des hommes d’Église qui maintiennent avec un grand contrôle leur vœu de chasteté, ndlr]. Je pense que, malgré les nombreuses rumeurs, Benoît XVI en fait partie, avec une sorte d’homophilie maîtrisée, et en cela il est une figure honnête, non hypocrite et tragique. Mais ce sont des exceptions.

Les papes seraient d’ailleurs tout à fait au courant de ce phénomène. D’après Frédéric Martel, le pape actuel serait parfaitement transparent sur cette situation : “Double vie”, “schizophrénie”, “hypocrisie”, “rigidité”… sont des termes qu’il emploie pour parler de ces homosexuels, ceux qui souffrent de leur identité et ceux pour lesquels elle développe un conservatisme un peu trop sévère. plus simplement : les plus grands homophobes seraient souvent des homosexuels.

L’auteur ne veut pas faire de lien entre homosexualité et pédophilie. “Les abus sexuels ne sont pas propres à l’homosexualité, c’est évident. Le plus souvent ils se déroulent dans les familles hétérosexuelles, dans les écoles”, rappelle-t-il. Un pont que les homophobes les plus radicaux n’hésitent jamais à franchir.

Un gros livre de 600 pages qui parait en même temps  (coïncidence, effet de pub…)que le pape François convoque  les présidents des conférences épiscopales du monde entier à Rome à partir de jeudi à l’appel du pape François pour un sommet antipédophilie. 

Les thèses de l’auteur seront certainement combattues ou…approuvées

Ce texte a été rédigé à partir de différentes sources ( RTL, Journal du Dimanche, 20 minutes…)


  • -

La fraternité pour la paix mondiale

Un événement historique s’est produit à Abu Dhabi. Du désert de la péninsule arabique, deux des plus hautes autorités spirituelles de la planète, chrétienne et musulmane, ont lancé un vibrant appel à « la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune ». (1)

Le pape François et Ahman el-Tayeb, grand recteur de l’université d’al-Azhar, se sont adressés ensemble «à toute conscience vivante qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle; à qui aime les valeurs de tolérance et de fraternité». Ils invitent non seulement leurs fidèles, mais toutes les personnes de bonne volonté, à promouvoir la culture du dialogue, la collaboration et la connaissance réciproque.

ls ouvrent cette voie au nom du Dieu auquel ils croient et au nom de tous les abandonnés de la Terre, souffrant de la guerre, de la corruption, de la misère, du terrorisme. Il s’agit d’endiguer par le Bien la montée de la haine et de la violence, signe d’une «troisième guerre mondiale par morceaux».

La crise du monde moderne, déclarent-ils, tient aussi à «une conscience humaine anesthésiée et à l’éloignement des valeurs religieuses», reliant les hommes, «ainsi qu’à la prépondérance de l’individualisme et des valeurs matérialistes qui divinisent l’homme et mettent les valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes et transcendants».

Ils demandent aux dirigeants du monde de répandre «la culture de la tolérance, de la justice et de la paix» et d’intervenir pour que cessent les guerres. Ils s’adressent aux intellectuels, aux artistes pour propager ces valeurs et retrouver la beauté qui élève l’âme.

Un appel universel

Les religions doivent servir la paix : «Nous demandons à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme, d’oppression.» Ils demandent que cesse la fourniture d’argent et d’armes aux terroristes, considérée comme des «crimes internationaux».

Ils dénoncent l’injuste distribution des ressources naturelles «dont bénéficie seulement une minorité de riches, au détriment de la majorité des peuples de la terre». Ce scandale cause morts, souffrances et révolte attisée par les marchands de haine.

Ils demandent de protéger la vie du début à sa fin, de soutenir les familles, d’éduquer les jeunes générations aux «saines valeurs morales et aux justes enseignements religieux»pour qu’elles évitent les pièges du fanatisme et du matérialisme.

Chaque personne jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action

Ils affirment que «chaque personne jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action». Ils reconnaissent que la citoyenneté est fondée sur l’égalité des droits et des devoirs et qu’il est «nécessaire de s’engager à établir […] la pleine citoyenneté et à renoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités».

Dépassant les conflits et les persécutions, ces deux leaders religieux sont parvenus à proclamer un socle de valeurs communes. Ce grand pas va bien au-delà du dialogue interreligieux. Car il ouvre un chemin nouveau, réveillant l’espérance d’un monde meilleur. Le pape et le grand imam demandent que cette déclaration soit étudiée dans toutes les écoles et les universités. Si des milliards d’enfants, de femmes et d’hommes se lèvent pour y répondre, alors cet appel traversera les déserts de la conscience et l’aridité des cœurs, alors se lèvera l’aube de la paix.

(1) www.vatican.va

Editorial OUEST-FRANCE, Jeanne Emmanuelle HUTIN, 15/02/19


Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Yepp! Si vous voulez nous contacter