Soutane ou pas soutane

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Soutane ou pas soutane

Le débat existe depuis longtemps et ne verra aucune conclusion avant longtemps.

J’ai connu l’avant-concile. A l’époque je voyais tous les prêtres en soutane.

 Puis, Le cardinal-archevêque de Paris, Maurice Feltin, édicte le 29 juin 1962 de nouvelles règles pour son diocèse, qui vont donner le signal d’un changement historique. Le prélat prend acte d’une mutation sociétale. « Considérant que les mentalités, les modes de vie et les moyens de déplacement se sont profondément transformés ces dernières années ; Considérant qu’il convient d’adopter, pour habit ecclésiastique, la tenue qui répond le mieux aux exigences de la vie du prêtre, de ses de­voirs pastoraux et de sa mission apostolique ; Considérant, enfin, que la tenue dite de “clergyman” est, autant que la soutane, un habit ecclésiastique reconnu dans l’Eglise », l’archevêque de Paris autorise à partir du 1er juillet « la tenue de clergyman (noir ou gris sombre), avec le col romain comme signe distinctif du clerc ».Alors, beaucoup de prêtres n’hésitent pas à changer de look.

Aujourd’hui en janvier 2017, écoutez un débat sur Radio Notre Dame : ecclesia_magazine_20170125

Suite à mai 1968, j’ai vu des prêtres abandonner le style “clergyman” quand d’autres abandonnent même leur ministère.

Car la soutane fait son retour dans un contexte culturel à fronts renversés. Même si la méthode n'est pas exactement la même. Ceux de 62 ont mis la soutane au placard, pour porter le clergyman. Mais avec les évolutions sociétales, ils ont souvent abandonné tout vêtement ecclésiastique en 68. En 2012, les jeunes prêtres portent habituellement le col romain, et utilisent la soutane en « variante », selon certaines circonstances et convenances

Ces trois dernières années, j'ai constaté que le phénomène est exponentiel. « Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si on porte le col romain, mais si on assume de porter la soutane » m'a confié l'un d'eux. Ils sont très nombreux, ceux de moins de 40 ans, à avoir une soutane dans leur garde-robe et à la porter occasionnellement, pour des ordinations, des fêtes d'Eglise, et systématiquement lorsqu’ils vont à Rome. Lors de la clôture de l'année sacerdotale, à Rome, en juin 2010, les jeunes prêtres français qui étaient venus s'étaient lâchés en ce domaine

Comme en 1962, il y a l'argument de commodité. L'hiver, elle tient chaud, m'ont dit plusieurs curés dont l'église est mal chauffée. L'été, elle présente l'avantage qu'on peut être en caleçon en dessous, sans porter de pantalon. Pas si désagréable, peut-être...Et, Il y a surtout la question de la communication : une soutane, c'est encore plus parlant qu'un col romain, c'est une prédication publique incontournable. Cette question identitaire va de pair avec l'argument missionnaire. Une soutane attire le regard et peut susciter l'intérêt, au même titre que le col romain, mais un cran au dessus. Tel prêtre me disait qu'elle attirait vers lui des jeunes musulmans, pleins de questions. Elle peut aussi susciter la défiance. Le prêtre ensoutané de 2012 se veut alors prophète par son look, alors qu’en 1962, il ne l'était pas, car le prêtre faisait trop partie de la culture commune.Mais en tous cas, elle le laisse pas indifférent. Le prêtre marseillais Michel-Marie Zanotti Sorkine assure la porter pour les gens qui sont loin de l'Eglise, et il est convaincant.

Ce texte est rédigé à partir de  http://www.lavie.fr/blog/jean-mercier/l-habit-de-lumiere,1899  et du site de la Communauté St Martin

 


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